Trouble auditif : tout savoir sur l’ototoxicité

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Si la perte auditive peut être provoquée par divers facteurs : traumatisme sonore, presbyacousie, … elle peut également être induite par la prise de médicaments ototoxiques. Quels sont ces traitements et quels effets peuvent-ils avoir sur notre oreille ? Suivez le guide !

Perte d'audition, qu’est-ce que l’ototoxicité ?

L’ototoxicité (étymologiquement « toxicité pour l’oreille ») se traduit par une altération des fonctions auditives et/ou vestibulaires. Les cellules ciliées de la cochlée (audition), le nerf auditif, mais aussi le vestibule (équilibre) peuvent être touchés. Si les effets ototoxiques de certains médicaments cessent une fois le traitement terminé, il arrive que les dommages provoqués soient irréversibles entraînant une perte d'audition durable.

Médicaments ototoxiques : quelles molécules ont des effets sur notre oreille ?

Les spécialistes ORL considèrent qu’une centaine de médicaments seraient potentiellement ototoxiques et entraînent une perte d'audition. Le danger de ces médicaments pour les oreilles varie vraisemblablement selon le groupe auquel appartiennent ces traitements et selon la durée du traitement suivi par le patient. Certains médicaments sont des ototoxiques avérés tandis que d’autres le deviennent lorsqu’ils font l’objet d’un surdosage.

Découvrez quelles sont les principales substances ototoxiques pour l'audition :

Les anti-inflammatoires

Les médicaments de la famille des salicylates (aspirine) contiennent des substances cochléotoxiques en fonction de la dose  administrée. L’intoxication de la cochlée peut être aigüe , due à un traitement prolongé ou à un surdosage modéré.

D’autres anti-inflammatoires non stéroïdien sont jugés ototoxiques, comme l’ibuprofène, mais également les médicaments contenant des acides acétiques (Indocid), des acides énoliques (Piroxicam Feldène) et de l’acide méfénamique (Ponstyl).

Les deux molécules les plus souvent incriminées concernant l’ototoxicité sont l’ibuprofène et le Naproxen.

Les antitumoraux

Les traitements à base de cisplatine et de ses dérivés provoquent fréquemment des acouphènes ainsi qu’une atteinte auditive dans les aigus. En cas d’administration prolongée ou répétée, d’autres fréquences peuvent être atteintes et une surdité peut s’installer de manière brutale.

D’autres médicaments appartenant à cette catégorie sont également jugés ototoxiques : Vincristine (cochléotoxique), bléomycine (acouphènes), méthotrexate (toxicité cochléaire et vestibulaire), dérivés de la moutarde azotée (cochléotoxiques et acouphènes permanents).

Les antibiotiques

1. Les antibiotiques de la famille des aminosides (dédiés aux infections sévères) sont reconnus pour leur toxicité cochléaire et vestibulaire. Ils exercent leur effet ototoxique, quel que soit leur mode d’administration : voie entérale, voie parentérale, application locale ou par aérosol. Par ailleurs, l’effet ototoxique des antibiotiques varie selon la molécule concernée : la néomycine est considérée comme la plus cochléotoxique et la streptomycine la plus vestibulotoxique (elle cause des dommages au vestibule ).

2. Les macrolides, antibiotiques de la famille des érythromycines (infections ORL ou pulmonaires), provoquent généralement une surdité bilatérale fréquemment associée à des acouphènes ainsi qu’à des vertiges. Ces effets retrouvés chez les patients traités ne surviennent qu’avec des doses supérieures à 4 g par jour, ou 2 g par jour en cas d’insuffisance rénale ou hépatique.

3. Les macrolides de la famille des clarithromycines induisent des acouphènes et une hypoacousie réversibles à l’arrêt du traitement. À noter également que la minocycline, autres famille de macrolides, est particulièrement vestibulotoxique chez la femme : les effets de vertiges et d'étourdissements disparaissent la plupart du temps à la fin du traitement.

Les autres médicaments ototoxiques

Certains médicaments diurétiques, antipaludéens , antihypertenseurs, antiarythmiques, antidépresseurs… sont aussi réputés ototoxiques par les ORL. En cas de suspicion de perte d'audition de l'oreille interne suite à l’administration d’un médicament, mieux vaut se rapprocher d’un médecin ou d’un pharmacien afin d’établir un éventuel lien de cause à effet.

Pour les médicaments en vente libre, il est recommandé de lire la notice du médicament pour vérifier si des effets auditifs indésirables sont renseignés ou de demander conseils auprès de votre pharmacien.

Ototoxicité, et si les médicaments n’étaient pas les seuls en cause ?

Il est fréquent d’évoquer les traitements médicamenteux lorsque l’on évoque l’ototoxicité. Saviez-vous qu’il existe d’autres molécules pouvant avoir un effet ototoxique ? Voici les substances pouvant entraîner des atteintes cochléaires ou vestibulaires, ainsi qu’une perte d’audition.

Les agents ototoxiques professionnels

Certaines substances présentes en milieu professionnel peuvent induire une baisse de l'audition voire une surdité chez les travailleurs exposés. Les solvants aromatiques utilisés en industrie, mais aussi des gaz comme le monoxyde de carbone et l’acide cyanhydrique peuvent provoquer un traumatisme sonore lorsqu’ils sont associés à une exposition au bruit trop importante.

Les facteurs liés à la personne

Certains troubles personnels peuvent favoriser l’ototoxicité des médicaments. Une personne déjà atteinte d’une perte d’audition, de troubles de l’équilibre ou encore l’âge avancé d’un patient, sont des facteurs à prendre en compte. 

Plus de 130 substances ototoxiques ont été répertoriées et sont présentes tout autour de nous. Pour prévenir la perte d'audition sur les structures de l’oreille interne*, il est primordial de procéder à une consultation médicale préalable avant la prise de tout traitement médicamenteux ainsi qu’à une prévention des risques en milieu professionnel. N’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un médecin ORL sur l’ototoxicité et les différentes causes de surdité.

*Source : http://www.orl-toulouse-rivegauche.fr/+-ototoxicite-+.html