Test auditif du nourrisson

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Le test d'audition chez le nourrisson et l'enfant répond à certaines problématiques :

  • L'enjeu est différent par rapport à un test auditif chez l'adulte.
  • La coopération de l'enfant lors des tests peut-être difficile.
  • L'exigence de justesse.

Le dépistage néonatal

Le bénéfice majeur du dépistage néonatal de la surdité sur l’accès à la communication, en particulier la langue française orale et écrite, et sur le niveau académique des jeunes sourds, est largement prouvé dans la littérature scientifique internationale.

L’arrêté du 3 novembre 2014 fixe le « cahier des charges national du programme de dépistage de la surdité permanente néonatale ».

L’audition des nouveau-nés dont les parents consentent à ce dépistage est vérifiée, après vingt-quatre heures de vie, par oto-émissions acoustiques (OEA) ou potentiels évoqués auditifs automatisés (PEAA) – en présence des parents, bien sûr. Derrière ces noms barbares, des méthodes objectives permettent de pallier l’impossibilité de voir le nourrisson coopérer au test ! Chaque maternité doit donc être équipée d’un ou plusieurs appareils, en fonction du nombre de naissances qu’elle accueille.

Si le premier test n’est pas concluant, les parents sont informés qu’un second test, suivant le même protocole, sera proposé avant la sortie de la maternité. Si ce dernier se révèle également non concluant, ils sont orientés vers une structure spécialisée référencée par le protocole régional. La maternité a la charge d’organiser le rendez-vous dans un délai d’un mois si les parents donnent leur accord. Sinon, elle leur remet les coordonnées de services spécialisés.

L'annonce du diagnostic

La qualité du dépistage doit être irréprochable : déclarer, par défaut ou par excès, une surdité chez un bébé est dramatique. Imaginons la détresse de parents auxquels on annoncerait à tort que leur enfant est sourd. Imaginons aussi la détresse de ceux dont l’enfant n’aurait pas été diagnostiqué assez tôt, …

Citation
On ne peut éviter l’anxiété de la famille lors de l’annonce du diagnostic de surdité, quel que soit l’âge de l’enfant. L’anxiété liée au déficit peut, avec l’appui des professionnels, être minimisée, et avoir un bénéfice dans la relation à l’enfant, mais pour les parents, elle ne disparaît jamais. Les répercussions psychologiques éventuelles de l’annonce d’un test positif doivent être connues. Cette annonce doit s’accompagner de mesures visant à prévenir une éventuelle dysharmonie interactive mère-enfant
Auteur
Évaluation du dépistage néonatal systématique de la surdité permanente bilatérale, Haute autorité de santé, janvier 2007

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L’annonce des résultats du dépistage fait donc l’objet d’une attention particulière. Les maternités sont invitées à proposer aux parents une rencontre avec un psychologue de la maternité ou du service de diagnostic, et à leur indiquer d’autres ressources possibles : associations de parents d’enfants sourds, lieux d’accueil, etc.

Conformément aux recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), l’information communiquée doit être « complète, exacte et neutre pour éclairer le choix des parents ». L’arrêté prévoit que leur soient transmises les coordonnées de Surdi Info, le site web du Centre national d’information sur la surdité (CNIS). Il prévoit également que les Agences régionales de santé (ARS) répertorient les structures assurant la prise en charge précoce des nourrissons et l’accompagnement des parents, en précisant les approches éducatives qui y sont proposées.