Sous-titre

Jacques PESNOT LEROUSSEAU

Bourse postdoctorale (13/04/2021)

2021

Accroche


Intégration temporelle de l’information auditive dans le cerveau humain.

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Jacques Pesnot Lerousseau compte mettre à profit les deux années de recherche qu’il passera dans le laboratoire du Pr Christopher Summerfield,
à l’Université d’Oxford, en Angleterre, pour comprendre comment le cerveau traite les sons qui lui parviennent pour leur donner un sens. Et l’intelligence artificielle va l’y aider.

La perception des sons est un phénomène qui se déroule en continu. Pour interpréter les informations sonores qui affluent jusqu’à lui, notre cerveau doit procéder à une opération de calcul complexe, appelée intégration temporelle. Cette opération permet de donner un sens aux sons par comparaison avec les sons perçus avant. « Pour simplifier, résume Jacques Pesnot Lerousseau, les sons sont d’abord mémorisés puis intégrés, c’est-à-dire assimilés au contexte sonore qui les a précédés, et ainsi de suite. »  Christopher Summerfield complète : « C’est ce mécanisme qui permet notamment au cerveau de comprendre la parole. Le projet postdoctoral de Jacques vise à mettre au point de nouveaux modèles pour élucider la manière dont le cerveau effectue cette intégration temporelle. » Pour cela, le jeune chercheur en audition va bénéficier de l’expertise du Pr Summerfield en matière d’intelligence artificielle. « We are grateful to FPA to have kindly provided funding for Mr. Pesnot Lerousseau to pursue this project with us. Its action is wonderful! »Pr Christopher Summerfield
Department of Experimental Psychology, Oxford University, UK

 

Des réseaux de neurones pour mimer le fonctionnement cérébral

« Nous allons travailler sur des réseaux de neurones artificiels, des programmes informatiques qui reproduisent des connexions entre nos neurones cérébraux, explique Jacques Pesnot Lerousseau. Chacun de ces réseaux mimera une manière différente de traiter les sons par le cerveau. L’idée ensuite est de comparer leur fonctionnement avec celui du cerveau humain lorsqu’il traite les sons, afin de trouver le réseau qui s’en rapproche le plus. C’est pourquoi nous soumettrons ces réseaux artificiels aux mêmes stimuli sonores (par exemple une histoire lue à haute voix) que des personnes dont l’activité cérébrale sera enregistrée. » En comparant l’activité de chaque réseau artificiel avec l’activité cérébrale réelle, le chercheur espère ainsi découvrir celui qui reproduit le mieux notre façon de traiter les sons. « L’intelligence artificielle devrait nous éclairer sur la manière dont fonctionne le cerveau et, en retour nous espérons pouvoir utiliser ce modèle, s’il s’avère assez bon, pour améliorer le quotidien de patients déficients auditifs ; par exemple en prédisant la qualité de l’information délivrée au cerveau par un implant cochléaire, sans passer par un protocole lourd d’enregistrement cérébral. »« Le soutien apporté par la Fondation Pour l’Audition m’offre une opportunité unique de développer un projet basé sur les derniers progrès de l’intelligence artificielle aux côtés du Pr Summerfield, un des plus grands experts en la matière. Il s’agit d’une étape essentielle de mon cursus. J’espère ensuite accéder à un poste de chercheur et poursuivre cette thématique en France grâce aux compétences acquises et aux nouvelles collaborations qui en seront issues. »Jacques Pesnot Lerousseau
Doctorant à l’Institut de Neurosciences des Systèmes, à Marseille