Audiogramme

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L'audiogramme est un outil diagnostique fiable et indispensable aux ORL pour mesurer l'audition.

Qu'est-ce qu'un audiogramme ?

L’audiogramme est à l’ORL ce que l’électrocardiogramme est au cardiologue : l'instrument phare dans sa boîte à outils qui permet de mesurer et évaluer l'audition. Totalement indolore, l’examen ne dure qu’une dizaine de minutes et se pratique idéalement en cabine insonorisée afin qu’aucun bruit extérieur ne vienne fausser le résultat.

Il existe deux types d’audiogramme : l’audiogramme tonal (écoute de sons) et l’audiogramme vocal (écoute de mots). C'est la courbe résultant des mesures qui s'appelle "audiogramme".

L'audiogramme tonal

Il permet de mesurer l’atteinte auditive et de connaître la localisation du problème : oreille interne, oreille moyenne (osselets, en particulier) ou autre. Le patient porte un casque dans lequel lui sont transmis un certain nombre de sons graves, puis aigus, à des intensités différentes, en passant d’une oreille à l’autre. À chaque son entendu, il doit répondre « oui » ou lever la main. Il en ressort un graphique pour chaque oreille, oreille gauche et oreille droite.

Une marque est inscrite à l’intersection de la fréquence et de l’intensité du son envoyé. Une droite réunit les points. Ainsi, par définition, l’audition parfaite se situerait sur la ligne correspondant à 0 dB, des graves aux aigus sur toutes les hauteurs, et l’audition normale se situe entre 0 et 20 dB. Dans le domaine sensoriel, on ne peut procéder qu’à des évaluations relatives. Sauf pour les sujets qui ont l’oreille absolue, on ne peut juger d’un son (hauteur, intensité) que par rapport à un son de référence : plus clair, moins clair, plus grave, plus aigu, plus fort, moins fort… Le décibel, par exemple, est un rapport entre deux valeurs. 1 dB est la plus petite différence d’intensité sonore perceptible par notre oreille. Un son perçu « plus fort » est un son dont l’intensité est, par exemple, de + 10 dB par rapport à un son de référence. Mais faire entendre des sons purs n’est pas suffisant pour déceler et analyser la surdité. D’où la nécessité d’avoir également recours à un audiogramme vocal.

L'audiogramme vocal

Il évalue l’intelligibilité grâce à des listes de signaux vocaux. C’est ce « matériel de parole », transmis à des intensités différentes, que l’on demande au patient de répéter. On voit ainsi quel est son degré de compréhension. Précisons : on peut demander à la personne testée de répéter des « non-mots » comme ZOUCREU, par exemple, des syllabes, des mots de 2 syllabes ou encore des phrases. Les phrases sont plus facilement reconnues, montrant ainsi les mécanismes de suppléance mentale. L’audiogramme vocal est nécessaire pour la prescription d’une aide auditive.

 

Comment lire un audiogramme ?

Pour bien comprendre comment interpréter un test audiométrique, voici quelques informations pour vous aider à une meilleure lecture des données récoltées. 

L’audiométrie tonale se lit sous la forme d’un graphique, qui est composé de deux axes :  

  1. L’axe vertical se décrypte de haut en bas. Il indique le niveau sonore qui s’exprime en décibels (dB). Le son le plus fort se situe donc en bas de l’axe. Le niveau zéro décibel représenté en haut de l’axe correspond au niveau sonore le plus bas qu’une personne puisse entendre lorsqu’elle a une audition normale. En l’occurrence, plus une courbe se dessine en bas de l’axe, plus elle indique une surdité élevée. 
  2. La lecture de l’axe horizontal s’effectue de la gauche vers la droite. Il mentionne la fréquence sonore mesurée en hertz. En se déplaçant de la gauche vers la droite, les notes changent de sonorité, passant de graves à aiguës. Il faut savoir que dans le cadre d’une conversation classique, la moyenne se situe entre 500 et 2 000 hertz. 

Lors de ce test, le spécialiste de l’audition examine chaque oreille, chacune est représentée par deux courbes d’une couleur différente : la ligne bleue correspond aux résultats de l’oreille gauche, tandis que la ligne rouge à ceux de la droite. Pour bien distinguer chaque ligne, des caractères sont mentionnés : carré, croix, rond… Si les deux valeurs obtenues (rouge et bleu) sont situées en dessous des 25 dB, un début de perte auditive est confirmé. L’analyse de ces courbes est importante puisque c’est cette dernière qui permet de vérifier le degré de perte auditive et le type de surdité.  

Lors d’une audiométrie tonale, les sons sont envoyés à l’aide d’écouteurs posés sur le pavillon de l’oreille. Cet examen a pour objectif d’évaluer la conduction du son par voie aérienne et de mettre en exergue une éventuelle surdité de transmission. Un deuxième test est réalisé par le biais de vibrateurs osseux posés derrière l’oreille. Il détermine la conduction osseuse du son à travers les os du crâne et permet d’identifier une surdité de perception.