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Antoine Huet

Chaires Emergence Audition - 2025

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Une révolution lumineuse pour les implants cochléaires

Le Dr Antoine Huet est le lauréat de la Chaire Émergence Audition 2025 de la Fondation Pour l'Audition. Grâce à ce soutien, il va pouvoir monter une équipe de recherche et explorer une piste prometteuse : utiliser la lumière pour restaurer l'audition. A la clé, une nouvelle génération d'implants cochléaires de type optique pour les personnes avec des surdités profondes.

Les implants cochléaires permettent à plus d’un million de personnes avec des surdités profondes de retrouver l’audition. Ces dispositifs compensent en partie le dysfonctionnement de l’oreille interne et transforment les sons en signaux électriques qui stimulent directement le nerf auditif.

Cette technologie a changé la vie de nombreuses personnes, enfants et adultes, mais présente encore des limites, en particulier dans les situations du quotidien où plusieurs sons se mélangent comme dans une salle de classe, une cour de récréation, au restaurant, dans les transports, en réunion… L’écoute de musique reste elle aussi difficile. Le Dr Huet explique que l’audition normale s’apparente à un piano avec des milliers de touches, alors que l’audition avec un implant cochléaire n’en reproduit qu’une dizaine.

Dès lors, comment restaurer une audition plus fine et plus riche ? Le chercheur s’intéresse activement au principe des implants cochléaires optiques, qui utilisent la lumière plutôt que l’électricité pour transmettre les sons.

Comment le cerveau traite-t-il les sons transmis par la lumière ?

Là où un signal électrique se diffuse largement dans l’oreille interne, la lumière pourrait stimuler des zones plus ciblées, ouvrant la possibilité de restaurer des touches du piano. Mais pour que cela fonctionne, une étape est indispensable : rendre les neurones de la cochlée sensibles à la lumière par introduction d’un gène codant pour une protéine lumino-sensible, appelée opsine. C’est le principe de l’optogénétique. Une fois stimulées par la lumière, ces opsines transmettent un signal vers le cerveau.

La Chaire Émergence Audition permettra au Dr Huet d’étudier comment un signal lumineux envoyé dans l’oreille interne se transforme en une information auditive comprise par le cerveau. Le chercheur compte notamment identifier quels groupes de neurones sont activés par la lumière, et comment l’information est ensuite transmise au noyau cochléaire, le premier relais de l’audition dans le cerveau.

Dans une audition classique, le cerveau distingue aussi bien des sons très faibles, comme le vent dans les feuilles, que des sons très forts, comme un avion au décollage. Avec les implants actuels, cette gamme est réduite. Antoine Huet cherchera à comprendre si différentes opsines, plus ou moins sensibles à la lumière, pourraient permettre d’activer les neurones de manière plus ciblée et ainsi, de mieux représenter cette richesse d’intensités.

L’enjeu est également de savoir si le cerveau traite de la même manière un son transmis électriquement ou lumineusement par un implant cochléaire, et comment il s’y adapte. Pour le comprendre, Antoine Huet comparera la stimulation lumineuse et électrique, dans différents modèles animaux de surdités profondes.

Cet ambitieux projet s’inscrit dans la continuité des travaux pionniers menés en Allemagne par le Pr Tobias Moser, avec qui Antoine Huet poursuit ses collaborations dans le but de faire un jour des implants cochléaires optiques une réalité pour les personnes avec une surdité profonde.

Citation
Le soutien de la Fondation Pour l'Audition est une véritable catapulte pour les jeunes chercheurs. En ce qui me concerne, il me donne les moyens de développer une ligne de recherche innovante en France, et d'acquérir un dispositif expérimental à la pointe, qui renforcera l'expertise de ma future équipe
Auteur
Antoine Huet, chargé de recherche Inserm à l'Institut des Neurosciences de Montpellier