Sous-titre

Emmanuel Ponsot

Bourse postdoctorale (05/01/2021)

2020

Accroche

Identifier l’origine des problèmes de compréhension de la parole dans le bruit.

Emmanuel Ponsot mène son projet postdoctoral au sein du Hearing Technology Lab à l’Université de Gand, en Belgique. Il vise à mettre au point un test audiologique innovant. Son objectif ? Permettre le diagnostic des surdités cachées – scientifiquement appelées synaptopathies. Ces pathologies, qui entraînent des déficits de compréhension de la parole dans le bruit, sont en effet indécelables par les tests audiologiques standards.

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Les déficits auditifs mesurés par l’audiogramme lors des examens audiologiques classiques reflètent le dysfonctionnement ou la perte de certaines cellules sensorielles de l’oreille interne. L’audiogramme a ses limites et ne permet pas de détecter une autre atteinte, la synaptopathie ; c’est pourquoi elle est désignée par le terme de surdité cachée : « Il s’agit de la perte des fibres nerveuses qui transmettent au cerveau l’information auditive reçue par les cellules sensorielles, précise Emmanuel Ponsot. Le signal envoyé au cerveau est donc de moindre qualité. Conséquence : la personne a des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant ; pourtant son audiogramme peut être normal si ses cellules sensorielles ne sont pas touchées. » La surdité cachée se développe avec l’âge, mais elle surviendrait également chez des sujets jeunes après surexposition au bruit. Actuellement il est impossible de déterminer le nombre de fibres nerveuses intactes chez une personne, et donc de poser un diagnostic précis de cette atteinte. C’est là tout l’enjeu du projet mené par le jeune chercheur.

« Depuis plusieurs années je m’intéresse aux problèmes auditifs qui impactent la compréhension de la parole dans le bruit. Rejoindre le laboratoire de Sarah Verhulst, à l’Université de Gand, qui est un laboratoire de pointe pour la modélisation du système auditif, grâce à l’aide de la Fondation Pour l’Audition, est une véritable opportunité pour moi de développer de nouveaux outils diagnostiques sur la base de mes travaux antérieurs. Fort de cette nouvelle expérience, mon souhait est ensuite d’intégrer un organisme de recherche en France pour y développer notamment cette thématique novatrice de la synaptopathie chez l’humain. »

L’apport de la modélisation informatique

Emmanuel Ponsot veut développer un test permettant de quantifier la proportion de fibres nerveuses déficientes chez un individu. Son objectif est de réaliser des mesures sur des groupes représentatifs d’individus sains et malentendants, afin d’évaluer à large échelle la contribution de la surdité cachée dans les problèmes de compréhension de la parole dans le bruit. L’originalité de son projet repose d’abord sur les sons utilisés : « Contrairement aux tests audiologiques standards, basés sur l’écoute de sons à une seule fréquence et dans le silence, les sons synthétiques choisis couvrent une large gamme de fréquences et présentent des variations au cours du temps, exactement comme la voix », explique Emmanuel Ponsot. Autre point fort du projet : la modélisation informatique. « Les programmes utilisés au laboratoire simulent de manière très précise toutes les étapes du traitement sonore, comme le fait l’oreille. Ce modèle va me permettre de comprendre exactement comment le signal est dégradé par la synaptopathie. Comprendre ces mécanismes de dégradation me mènera, je l’espère, à la mise au point d’un test diagnostique. » Une avancée indispensable dans notre société vieillissante de plus en plus exposée au bruit.
  

Docteur Emmanuel Ponsot
Chercheur postdoctoral
Hearing Technology Lab, Université de Gand, Belgique