"Mais que ferais-je sans eux ?"

Sous-titre

Témoignage de Marie-Pierre G.

Témoignages (20/02/2019)

Accroche

Je suis atteinte d’une surdité de perception, sévère de type 2.
Appareillée tardivement, je suis aujourd'hui à l’aube d’une implantation cochléaire que je redoute.

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"Le souvenir le plus douloureux : 1994, l’adaptation à l’appareillage auditif à l’âge de 23 ans. Le monde devenait sonore à l’excès et totalement déformé. Je prenais réellement conscience de ma surdité.

Socialement ce qui m’a manqué et qui me manque encore, c'est l’écoute spontanée, l’humour à saisir, les paroles des chansons. La difficulté aujourd’hui : le dur regard sur la surdité et l’appareillage auditif des personnes appareillées. Moi, que ferai-je sans eux ? Autant d’attachement que de haine pour ces systèmes électroniques qui viennent boucher mes oreilles mais qui me sont parfaitement indispensables. Non, tant qu’ils sont là (ces vauriens !), je ne suis pas sourde !

Autant de rires, autant de chants d’oiseaux, autant de mélodies incertaines, autant de cliquetis de l’eau, autant de trotteuse de pendule, autant de miaulement de chats, autant de bruit des vagues, autant de grondement d’orage, autant d’émotion dans les voix, autant de vie qui ne me fera jamais renoncer à ce que je déteste le plus au monde et qui me rappelle mon infirmité. Nous sommes condamnés à vivre ensemble, mes ‘’petits’’ appareils auditifs, alors autant s’aimer !"