Jean-François Léger & Shihab Shamma – SOUTIEN AUX LABORATOIRES 2015

Jean-François Léger & Shihab Shamma – SOUTIEN AUX LABORATOIRES 2015

Les Drs Jean-François Léger et Shihab Shamma, travaillant au sein de l’Ecole Normale Supérieure à Paris, ont été récompensés à hauteur de 299 923 € pour leur projet de recherche intitulé « Plasticité corticale des ensembles neuronaux liée à la mémoire auditive et l’apprentissage auditif ».

Le projet 

Comment les bébés apprennent-ils le langage parlé ? Ils apprennent à associer certains sons (les mots !) avec leur signification linguistique et leur référence à des personnes, des animaux, des choses ou des idées, des sentiments intérieurs ou des actions observées dans leur environnement. Le cerveau des bébés est ainsi le lieu d’un foisonnement de créativité et d’apprentissage accéléré au cours des premières années de la vie.

Mais comment notre cerveau apprend-t-il à associer les sons et leurs significations ? Plusieurs recherches récentes ont mis à jour le rôle clé joué par la plasticité corticale, une capacité à changer et à remodeler les connexions au sein du cerveau à la suite d’une écoute attentive et d’un apprentissage auditif, qui est certes remarquable chez les bébés mais qui est aussi présente plus tard chez les enfants ainsi que chez les adultes. Cependant, les mécanismes ainsi que les circuits neuronaux impliqués dans ces processus demeurent encore très mal compris.

Notre projet de recherche a pour objectif d’étudier les mécanismes de cette plasticité cérébrale à l’échelle cellulaire et à l’échelle du réseau de neurones. Son but consiste à évaluer les changements de connexions fonctionnelles au sein des réseaux de neurones dans la partie du cerveau qui traite les informations auditives durant des processus d’apprentissage chez la souris. Pour cela, nous utiliserons une nouvelle méthode d’imagerie, la microscopie à deux photons, qui permet la visualisation et le suivi de l’activité de centaines de neurones au cours de l’apprentissage de l’animal. Nous utiliserons aussi une deuxième approche à base d’électrodes multiples qui donne accès à l’enregistrement des cellules à travers toute l’épaisseur du cerveau. Ces deux techniques nous fourniront une cartographie des réseaux qui permettent aux parties auditives du cerveau d’apprendre, de communiquer les unes avec les autres, d’associer les sons avec des récompenses, des actions à accomplir ou des significations.

Les connaissances résultant de cette étude seront utiles pour le développement de thérapies pour les troubles de l’audition, de l’attention, des difficultés d’apprentissage du langage ainsi que des troubles de la communication.